Revue REGARD n° 36 - novembre 1993 (Marie MOREL, éditeur),
pour accompagner des dessins d’Alain DIOT sur des pages du journal Libération.

Je ne sais pas ce que fait Alain DIOT lorsqu’il dessine sur les pages des journaux mais ce que je vois me fait écrire ici. Les mots masqués par le dessin appellent d’autres mots. C’est un vieux cercle, une très vieille histoire.

et ce n’est pas la peur qu’engendrent les mots qu’il s’agit de masquer mais plutôt le mensonge qu’ils abritent souvent,
toute la vieille panoplie de la manipulation.
L’acharnement des mots contre le silence.
L’explosion des images contre le regard.
Le bruit amplifié du monde contre la pensée.
L’écriture est liée à la domination.
L’écriture est liée à la critique de la domination.
Le blanc entre les mots est encore leur complice. Sa fonction n’est pas celle du silence entre les mots de la parole vivante.
Les mots noirs, barrés de noir par le dessin... pour que vive un autre blanc entre les mots désormais cachés.
la terre
les mots
Le silence remplace le tumulte, installe son labyrinthe à la place des lignes.
D’autres images surgissent, obliques, aléatoires contre la sempiternelle répétition de l’IMAGE.
C’est ce que je dis ; cela vient de ce que je vois. Rien d’autre.